vendredi 19 juin 2009

Réapprendre


(c) Alma

Tu vois, j’ai cette petite boule au ventre soudain, que je pensais éteinte depuis quatre mois. Depuis quelques heures, elle semble se réveiller, tremblante comme après une hibernation difficile. Elle époussette, tiraille un peu dans les coins, cherche ses marques. Nul doute que si je ne la fais pas taire immédiatement, par quelque moyen que ce soit, elle me minera pendant tous ces jours où tu seras loin de moi.


Je ne t’écris plus depuis que tu as envahi ma vie. Ai-je besoin d’un manque pour que les mots acceptent de revenir se poser, papillons de douceur pour apaiser la douleur ? Ta présence, naturelle à mes côtés, matin, soir, aube et lune. Comment ai-je fait sans toi ces trente dernières années ? Ce soir, tu erres à 800 kilomètres de moi. Et je ne sais plus, je ne sais plus, comment agir, comment penser, ni même comment respirer.

Comment vit-on, déjà ?


Alma

vendredi 20 février 2009

Et peindre ta peau en rouge


Approcher timidement la vie, qui, fragile, pourrait d'un battement d'aile s'envoler effrayée. Lui accorder ces sourires qui mettent l'âme en rideaux à fleurs. Pinceau dans une main et impatience dans l'autre, distiller délicatement de petits morceaux de bonheur entre ces murs tout neufs. T'entendre déballer en chantonant tes années passées et décorer déjà les cloisons blanches de nos années à venir. Silloner entre les cartons de nos vies qui se mélangent, observer la manière dont nos envies s'entrelacent, te faire de la place dans mon armoire, me faire une place en toi.

Et saluer, le matin au réveil, l'odeur du café désormais partagé.

Enfin, nous voilà.

Alma

samedi 7 février 2009

Redécorer l'azur

Caravaggio, Amor vincit omnia


De vives arpèges de mandoline me parviennent. J'émerge de la poussière.

J'accumulais des étages, je grimpais les marches qui devaient me permettre de mieux te voir. L'aperçu est encore ténu mais il m'amuse. Promesses de douces embrassades. Je te devine là, tout autour. Comme la musique virevoltante de Vivaldi. Comme ce tourbillon insensé de neige qui me faisait perdre la notion du haut et du bas. C'est un délice que j'entrevois. Un autre. Tant.

Tant je me tends. Tu sais mais fais semblant et je joue le jeu. Ce sera alors si simple, simple comme le feu qui immanquablement réchauffe. Je me glisse par-dessus ton épaule, guettant la suspension de ta respiration, prêt à étreindre ce moment où soudain plongée dans mon regard, mon âme, tu diras : « enfin, nous voilà. »

Et là, voilà.


Max

dimanche 25 janvier 2009

Deux, et le monde


(c) Kersting


Bientôt la vie à deux. Oui.
Nous l'avons choisi, nous l'avons attendu. Cet instant.
Bientôt nous deux à la même fenêtre, penchés sur le même monde : le nôtre. Il s'agira de regarder loin, de regarder ensemble, d'écouter les battements de nos coeurs, qu'ils battent ou non à l'unisson. D'écouter l'autre, toujours.
Nous avons tout à apprendre. Tout.
Mais j'ai toujours eu soif de tout, et j'ai plus que jamais soif de toi.

Alors je n'ai pas peur.

Alma

mercredi 7 janvier 2009

2009 droit devant


Nous n'avons pas disparu. Nous n'avons pas fondu. Nous nous sommes juste laissés porter par les flocons veloutés, par le bonheur d'être ensemble, par le soleil hivernal qui aimantait nos envies et qui piquait nos joues de - 10° sous le regard embrumé de châteaux dignes de contes de fée.

2009 sera 2009 parce que nous saurons être neufs en étant nous-mêmes. Individuellement, nous poursuivrons notre bonhomme de chemin. A deux, nous poursuivrons le monde.

Et nous le boirons, le provoquerons, le croquerons, l'illuminerons à la mesure de nos possibilités. Nous le partagerons encore et aussi avec vous, fidèles des fidèles, qui venez nous écouter chuchoter nos mots d'amour, nos mots du jour, nos mots qui courent.

Que 2009 soit douce pour chacun et chacune d'entre vous.

Alma

mardi 16 décembre 2008

Neige


© Cyberclub de Chicoutimi


Je t'entends tant que j'en crève. Rien d'un balbutiement. J'accueille, réjoui, ce cri puissant qui m'affole. Ta voix, mon manteau. Ton chant, mes semelles. Et franchir les ponts sans jamais craindre de perdre l'équilibre.

Alors oui, j'ai froid. Mais le soleil percera l'ondée mauvaise. Les yeux fermés, derrière le brouillard déjà je sais. Les pieds sur terre, il me semblera voler.


Max

dimanche 14 décembre 2008

Brouillard


(c) Archip Iwanowitsch Kuindshi


Les mots ne suffisent plus, m'entends-tu ?

Alma

mardi 9 décembre 2008

Râle

J'étouffe entre ces parois trop froides bout de table inutile lit froissé pour qui pour rien tristesse honorée dont ton absence est la cause la faute à personne pas la faute sensation atroce de manque toi et pourtant j'ai un coeur j'aime envie de me couler dans tes bras dormir dans tes cheveux embrasser cette peau maintenant maintenant dormir mais aussi vivre éveillé toujours aller vers toi et ne pas te confronter à ces tourments gris pas moi pas moi qui risqueraient de contaminer ton humeur que je ne veux que porter vers la légéreté et la profondeur et tout d'une traite et là maintenant vite et d'un bloc le temps ne s'arrêtera pas le temps filera pour multplier nos occasions de croquer nos vies oui toi.

Nos vies.


Max